La terreur a franchi un nouveau seuil dans le territoire de Mambasa (Ituri), après la découverte macabre de 17 corps sans vie samedi 23 mai au village Kidini. Face à un bilan global qui dépasse la trentaine de victimes en 48 heures, l’ONGDH « Protection Plus » dénonce l’abandon des populations locales et formule une série de recommandations urgentes aux autorités civiles et militaires.
Le traumatisme est total dans les chefferies de Walese-Karo et Babila Babombi. Samedi, dix-sept (17) corps sans vie ont été retrouvés dans un champ de la cellule Mongalyema (groupement Andifele). Parmi les victimes, l’ONGDH répertorie huit (8) citoyens issus de la communauté autochtone (pygmées) ainsi que le chef de cellule, Kamate Ekiya Paluku. Toutes ces personnes seraient des otages exécutés par les terroristes ADF après leurs récentes incursions à Darsalam, Muchanga et Mutufei.
« Ce bilan reste encore provisoire, car plusieurs corps continuent malheureusement à traîner dans certaines zones toujours inaccessibles et dangereuses pour la population civile », déplore Maître John Vuleveryo Musombolwa, facilitateur de Protection Plus.
Face à ce qu’elle qualifie de « tragédie humaine insupportable », l’ONGDH Protection Plus estime que la population de Mambasa est aujourd’hui abandonnée à son triste sort, condamnée à la peur et à l’exil forcé. Pour briser ce cycle de deuil, le défenseur des droits humains formule cinq recommandations majeures et non négociables :
- Le renforcement militaire immédiat : L’urgence d’un déploiement massif et d’un verrouillage des dispositifs sécuritaires dans tout le territoire de Mambasa.
- Des offensives concrètes : Le lancement d’opérations militaires ciblées et efficaces pour traquer et neutraliser définitivement les colonnes de l’ADF.
- Le respect des morts : L’organisation par l’État d’inhumations dignes, sécurisées et respectueuses de la dignité humaine pour l’ensemble des victimes abandonnées dans les champs.
- Le secours des survivants : Le déploiement d’une assistance humanitaire d’urgence en faveur des familles affectées et des milliers de déplacés internes.
- Le réveil de la haute hiérarchie : Une implication réelle et coordonnée des autorités nationales et provinciales pour siffler la fin de la recrudescence des groupes armés.
Par la voix de son facilitateur, l’organisation lance un appel pressant à la communauté nationale et internationale pour qu’elle ne ferme pas les yeux sur le calvaire de Mambasa.
« Trop de sang a déjà coulé. Trop de familles ont été détruites. Il est temps que des mesures concrètes soient prises pour protéger les civils et restaurer la paix », tranche l’ONGDH en conclusion de son manifeste.
Pour les observateurs locaux, ces nouvelles découvertes de corps confirment que l’axe Mambasa-Beni demeure l’épicentre d’une crise humanitaire majeure qui nécessite une réponse militaire asymétrique immédiate. Puisque, mentionne notre source, cette tragédie s’ajoute à celle du vendredi 22 mai, où quinze (15) autres corps ont été découverts et inhumés à la hâte dans la périphérie du village Alima, notamment dans les concessions de Kaseli et de Kasaï.
Visesa Louangel
Ukweli Online

















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