L’assassinat sauvage du Chef de groupement Claude Mungumwa et de son épouse, mercredi 21 janvier 2026, a plongé la population de Kanyabayonga-Bwito dans une forme de paralysie totale. Kanyabayonga ne gronde pas, elle tremble : la stupeur a laissé place à une terreur sourde et à une angoisse indicible face à cette violence implacable attribuée à la coalition AFC/M23/RDF. Entre panique et sentiment d’abandon, les habitants, pris au piège par ceux-là mêmes qui prétendent les diriger, se retrouvent enfermés dans une souffrance imposée qu’ils ne peuvent plus contester.
Le double assassinat s’est produit aux alentours de 23h00 au domicile familial, brisant le silence d’une nuit déjà chargée d’inquiétude. En plus d’avoir froidement abattu le couple, les assaillants ont enlevé le fils du chef de groupement, ajoutant l’horreur de la disparition à celle du meurtre. Claude Mungumwa avait pourtant été installé récemment à ses fonctions par les instances du M23, ce qui rend les circonstances de ce drame aussi floues que révoltantes pour les habitants. Loin des éclats d’un soulèvement populaire, c’est un silence de plomb qui s’est abattu sur la cité ; un habitant, ayant requis l’anonymat par crainte de représailles immédiates, décrit un climat de soumission forcée où personne n’ose lever la voix, la mort rôdant à chaque coin de rue.
Les regards se tournent inévitablement vers les éléments de l’AFC/M23/RDF comme premiers suspects. Selon plusieurs témoignages locaux, une hostilité manifeste serait entretenue par les occupants à l'égard des cadres issus de la communauté Nande occupant des postes de responsabilité dans les zones sous leur contrôle. Cette méfiance identitaire semble être au cœur des tensions, les occupants supportant mal que des membres de cette communauté exercent un pouvoir, même local, dans des entités qu'ils estiment avoir conquises par les armes. « On ne tue pas le peuple que l’on veut gouverner », rappelle avec amertume ce témoin, fustigeant une stratégie d'occupation qui semble privilégier la terreur et l'élimination physique à toute forme de cohésion sociale.
L’enlèvement du fils de la victime finit de plonger la communauté dans une détresse absolue. Entre l’installation forcée de nouvelles autorités et leur exécution sommaire quelques semaines plus tard, la population de Kanyabayonga-Bwito se sent prise au piège d’un cycle de violence dont elle est la première victime. Ce drame illustre tragiquement l’impuissance de civils pris en étau, condamnés à subir une agonie quotidienne sans avoir les moyens de se soulever contre l’oppresseur.
En définitive, l’assassinat de Claude Mungumwa et de son épouse n’est pas seulement un crime de plus dans la comptabilité macabre de la guerre à l’Est ; c’est le symbole d’une gouvernance par la peur. Alors que l’incertitude plane sur le sort de leur fils, l’avenir de Kanyabayonga s’assombrit un peu plus. Entre l’absence de protection de l’État et la brutalité des forces occupantes, la population reste seule face à son destin, attendant dans la stupeur de savoir qui sera la prochaine cible d’un système qui broie ses propres fils pour maintenir son empire de silence.
LA REDACTION
©Ukweli Online











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