La Coordination Provinciale de la Société Civile Forces Vives du Nord-Kivu a exprimé sa profonde consternation face à la poursuite des massacres de civils par les terroristes de l’ADF-MTM dans la ville et le territoire de Beni. En l’espace de 72 heures, entre le 30 mai et le 2 juin 2026, au moins 37 personnes ont été sauvagement tuées lors d’incursions nocturnes à Ngadi, Vemba et Mbau, incluant cinq membres de la communauté autochtone pygmée. Ce carnage est jugé d’autant plus inadmissible que la ville de Beni concentre actuellement le siège temporaire des institutions provinciales, un centre de commandement militaire majeur et une base de la MONUSCO.
L’organisation citoyenne dénonce avec virulence l’inaction et « l’impuissance injustifiée » des forces de sécurité (FARDC, UPDF et MONUSCO), révélant que ces attaques sanglantes auraient pu être évitées. La population avait en effet transmis aux autorités locales et militaires des alertes précises et en temps réel signalant les mouvements de l’ennemi dans la zone. À Ngadi, un tract hostile annonçant l’imminence de l’assaut avait même été retrouvé affiché sur un arbre et formellement communiqué au commandement des FARDC, mais aucune disposition n’a été prise pour étouffer le danger dans l’œuf.
Cette faillite sécuritaire a plongé la région dans une psychose généralisée, forçant les habitants des périphéries à un exode pendulaire quotidien où ils abandonnent leurs maisons la nuit pour se réfugier au centre-ville. Livrés à eux-mêmes, de nombreux jeunes s’organisent spontanément en équipes de veilleurs de nuit autour du feu pour protéger leurs quartiers.
Sur le plan stratégique, la Société Civile déplore que la recommandation d’octobre 2025 des généraux Mugerwa (UPDF) et Kakule Somo (Gouverneur militaire) visant à créer une unité d’autodéfense locale soit restée lettre morte, tandis que les jeunes formés à Nyaleke pour cette mission ont été mystérieusement détournés vers Kitona.
Face à la virulence accrue de l’ADF-MTM, qui coïncide étrangement avec une accalmie apparent sur le front du M23-RDF-AFC à Lubero, la structure citoyenne s’interroge sur les liens étroits entre ces deux mouvements terroristes. Elle rappelle à cet effet un précédent historique majeur : c’est immédiatement après l’échec militaire du M23 en novembre 2013 que l’ADF-MTM avait subitement surgi avec une extrême cruauté dans le territoire de Beni en octobre 2014. Cette concomitance pousse la Société Civile à demander au Chef de l’État de traiter ces deux menaces avec la même sévérité politique.
Pour répondre à cette crise la Société Civile exige des réformes urgentes et des sanctions exemplaires. Il appelle le ministre de la Défense à activer la Réserve Armée de la Défense (RAD) et à rapatrier les jeunes de Kitona, tandis qu’il est demandé au Gouverneur de mettre en place un numéro vert pour centraliser les alertes. Enfin, une action judiciaire immédiate est demandée à l’Auditeur Supérieur Militaire de Beni pour ouvrir de toute urgence des enquêtes pour non-assistance à personne en danger contre les commandants des FARDC qui ont ignoré les alertes populaires.
La Rédaction
Ukweli Online









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