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Tujenge Amani Kwa Ukweli

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Nord-Kivu : Le Professeur Augustin Muhesi décortique les critères de sélection du futur chef-lieu de Beni

Conformément au décret n° 13/027 du 13 juin 2013, remis sur le devant de la scène en juin 2026 suite à la nomination des nouvelles autorités urbaines, la cité d’Oicha (Nord-Kivu) a officiellement été élevée au rang de ville, devenant ainsi la quatrième agglomération de la province du Nord-Kivu. Cette décision historique suscite désormais un vif débat : quelle entité devra abriter le chef-lieu du territoire de Beni, maintenant qu’Oicha a changé de statut.

Pour comprendre quels critères doivent guider la désignation d’un nouveau chef-lieu, nous avons interrogé le Professeur Augustin Muhesi, chercheur en Sciences Politiques. Voici son éclairage :

Pour commencer, l’Enseignant en Sciences politiques à l’Université de Goma remonte dans l’histoire pour rappeler que l’élévation de Oicha en ville est le résultat des plaidoyers des notables et habitants de la région. Entre autres avantages liés à cette situation, le Professeur évoque le fait qu’Oicha devient une circonscription à part, qui devra élire elle-même ses députés, comme ville.

« On se rappelle que l’application du décret signé à 2013 avait été suspendue, pendant Muzito comme premier ministre. Ce décret était consécutif au fait que l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu de l’époque avait mené des enquêtes et avait proposé que Oicha puisse avoir un statut de la ville… Il y avait aussi Luholu (Au sud du territoire de Lubero) qui renfermait en son sein Kirumba, Kayna, Luofu, Kaseghe… Et donc, aujourd’hui, le fait qu’Oicha soit élevé en ville, c’est une continuité de ce désir exprimé depuis longtemps », rappelle le professeur Augustin Muhesi.

Toutefois, avec la persistance de l’ADF, notre interlocuteur craint que le maire de ville soit confronté à une série de défis dans l’implémentation et l’installation de son pouvoir. Malgré tout, il croit que c’est opportun d’élever Oicha en rang de ville. Pourquoi ? « Au-delà de tout ce qu’il y a comme critères, l’érection d’une ville offre plusieurs possibilités. Ca rapproche les administrés de l’administration. Aussi, si le maire a beaucoup de moyens, il peut réaliser plusieurs projets… », argumente-t-il.  

Critères clés

Focalisant son argument sur la Loi organique du 18 mai 2010 portant fixation des structures territoriales à l’intérieur des provinces, le professeur explique que la dénomination « Cité » était censée disparaitre pour Oicha. « Il y avait déjà plus de 100 milles personnes, il y a des équipements collectifs, des activités économiques malgré l’activisme des ADF », démontre-t-il. Cette loi, selon lui, combinée à celle portant organisation et fonctionnement des entités territoriales décentralisées, il est dit que « tout chef-lieu d’un territoire doit être une commune, avec au moins 20 milles habitants ».

Aujourd’hui, poursuit le professeur Muhesi, les critères clés font carrément allusion au développement socio-économique et démographique:

« On regardera la viabilité, on se demandera est-ce qu’il y a des infrastructures capables d’accueillir des bureaux, est-ce que c’est accessible, est-ce qu’il y a des services sociaux de base… Il y a également l’aspect géopolitique et stratégique. Déjà avec Oicha, c’était difficile. Vous vous imaginez, quelqu’un qui habite Kyondo pour aller à Oicha, ça lui faisait une longue marche ».

Point de vue

Le professeur Muhesi Augustin croit qu’au regard du critère d’accessibilité, les entités le long de la route principale sont favorables pour accueillir le chef-lieu de la province. En même temps, elles pourraient également remplir le critère démographique avec au moins 20 milles habitants:

« Eh bien, je ne saurais pas dire qu’on pourrait amener le chef-lieu vers Eringeti, situé à l’extrémité du territoire. Même si ce sont ces entités, par contre, qui fédèrent tout le monde. Mais il ne faut pas également exclure le critère politique. Il est clair que les lobbyings ou plaidoyers des ressortissants de telle ou telle autre entité pourront aussi être déterminants », analyse ce chercheur en Sciences Politiques.

Contexte

La mise en œuvre tardive du décret n° 13/027 du 13 juin 2013, matérialisée par les récentes décisions du gouvernement central, redessine en profondeur la carte administrative du territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Cette réforme majeure consacre des ambitions locales de longue date, tout en restructurant la gouvernance de proximité. A Oicha, c’est Kambale Siluhwere qui a été nommé Maire de ville et son adjoint est Kahindo Kalumba Emmanuel. A Kasindi, c’est Bwambale Mughanirya Gilbert, Ancien Chef de division unique et cadre administratif chevronné issu de la mairie de Butembo, qui a été choisi Bourgmestre.

Visesa Louangel

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