Alors que le débat sur la révision constitutionnelle cristallise les tensions dans la classe politique congolaise, le regroupement politique Alliance Bloc 50 (A/B50), sous l’impulsion de son autorité morale Julien Paluku Kahongya, choisit de prendre de la hauteur.
Refusant de s’enclaver dans ce qu’il qualifie de « polémiques stériles », le bloc de l’Union Sacrée de la Nation pose un diagnostic sans complaisance et propose une thérapie de choc : le passage de la Troisième à la Quatrième République.
Pour l’A/B50, il ne s’agit plus de retoucher un texte, mais de doter la République Démocratique du Congo d’une toute nouvelle Loi Fondamentale, conçue comme un outil de gouvernance pragmatique, efficace et résolument tourné vers l’émergence d’un État de puissance.
Dans sa prise de position officielle, l’A/B50 rappelle que l’histoire de la RDC est jalonnée de ruptures institutionnelles majeures : la Première République sous Joseph Kasa-Vubu, la Deuxième sous Joseph-Désiré Mobutu, et l’actuelle Troisième République, née des cendres de la transition et du clan Kabila.
Aujourd’hui, l’élite politique de l’Union Sacrée de la Nation, qu’elle estime « pétrie d’expérience » et en phase avec les aspirations de la population, juge le moment venu de clore définitivement ce chapitre. Pour légitimer cette transition républicaine, le regroupement de Julien Paluku convoque l’histoire internationale :
« Cette démarche s’inspire de plusieurs modèles dans le monde dont l’exemple du Général de Gaulle qui, en pleine guerre d’Algérie, sut faire passer la France de la IVe à la Ve République pour sauver l’État du chaos. »
Cinq piliers techniques pour un État efficace
Loin des discours idéologiques creux, l’A/B50 décline sa vision en cinq réformes techniques majeures destinées à refonder l’architecture institutionnelle et économique du pays :
1. Une architecture d’État simplifiée : Structurer clairement le pouvoir autour de trois échelons décisionnels uniques : le niveau central, la province et le territoire, pour plus de lisibilité administrative.
2. Sanctuariser le développement par la Loi : Ériger la planification nationale (PNSD, infrastructures, industrialisation, développement agricole) au rang de loi. L’objectif est d’inscrire les grands projets de développement dans le marbre législatif pour qu’ils deviennent des obligations d’État, « que personne ne peut ignorer ou annuler selon son humeur ».
3. Rationaliser la décentralisation financière : L’A/B50 propose de retirer la fameuse quotité des 40 % de la Constitution pour la renvoyer au domaine de la loi organique ou de la loi de finances annuelle. Cette flexibilité permettrait d’allouer les ressources selon les besoins réels. À titre d’exemple, les provinces en reconstruction bénéficieraient d’allocations spéciales adaptées, sans rigidité constitutionnelle.
4. Stabiliser les provinces : Pour mettre fin à l’instabilité chronique des exécutifs provinciaux, souvent otages d’intérêts individuels, le regroupement préconise l’élection des Gouverneurs au suffrage universel direct, renforçant ainsi leur légitimité populaire.
5. Une justice constitutionnelle renforcée : Afin de garantir un meilleur droit au recours et une justice plus équitable, le projet prévoit la création de chambres d’appel au sein de la Cour Constitutionnelle.
Cap vers la gouvernance de résultats
Pour Julien Paluku Kahongya et ses pairs de l’A/B50, ce changement de paradigme constitutionnel n’est pas un luxe politique, mais un « passage obligé ». En jetant les bases de la Quatrième République, l’Alliance Bloc 50 entend substituer à la politique spectacle une culture de redevabilité et de résultats, indispensable au développement durable de la RDC. Le débat est lancé, et il s’annonce éminemment technique.
HANGI MULEKYA GHISLAIN
Ukweli Online















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