Alors que la République Démocratique du Congo (RDC) traverse une crise sanitaire majeure marquée par la résurgence de la maladie à virus Ebola (MVE) pour sa 17ème fois, le système public de santé vient d’essuyer un coup de massue. Les médecins des services publics de l’État, regroupés au sein du Syndicat Libre des Médecins (SYLIMED), ont officiellement déclenché une grève générale sur l’ensemble du territoire national depuis le jeudi 11 juin 2026.
Cette décision radicale, formalisée par la Note d’information N° 003/BEN/2026 du Bureau Exécutif National du syndicat (visée sur image.png), fait suite à ce que la corporation qualifie de « sourde oreille » et de « silence assourdissant » de la part des autorités congolaises face à leurs desiderata pourtant légitimes.
Dans cette note officielle datée du 8 juin 2026, signée conjointement par le Secrétaire Général, le Dr Kasongo Kasomboyi André, et la Secrétaire Générale Adjointe chargée de l’Administration et des Finances, le Dr Ayemanato Bakyeku Florentine, les professionnels de la santé décrivent une réalité de terrain dramatique. Ils dénoncent des conditions de travail « déplorables » et un état de « précarité sans précédent » au sein des structures sanitaires étatiques:
« Un médecin, censé être à l’hôpital pour sauver des vies humaines, se retrouve actuellement dans la rue pour des sit-in et des marches », déplore le Bureau Exécutif National du SYLIMED.
Le syndicat fustige l’attitude de l’exécutif, affirmant que le gouvernement feint d’ignorer la détresse de ceux qu’ils considèrent, par dépit, comme « les mal-aimés de ce gouvernement ».
Ce débrayage intervient dans un contexte épidémiologique particulièrement périlleux. La RDC fait face de plein fouet à sa 17ème épidémie de la Maladie à Virus Ebola (MVE). En première ligne face à ce fléau hautement létal, les professionnels de la santé payent un tribut psychologique et physique lourd, se sachant les plus exposés aux risques de contamination.
Pourtant, la Rédaction de ukwelionline.net a appris avec amertume que le personnel soignant déployé dans cette lutte est cruellement dépourvu d’intrants nécessaires à sa protection individuelle. Travailler sans équipements de protection adaptés (combinaisons, gants, masques de haute sécurité) face à Ebola est perçu par le corps médical non seulement comme un abandon de l’État, mais comme une mission suicide.
Face à ce péril direct, le SYLIMED a expressément recommandé à ses membres de « rester à la maison pendant cette période à haut risque où la maladie à virus Ebola bat son plein ».
« Seule la lutte peut nous libérer »
Pour légitimer ce mot d’ordre de grève qui paralyse désormais les hôpitaux publics, le syndicat s’appuie sur la loi suprême du pays. Le SYLIMED rappelle en effet que ce droit de grève générale est strictement garanti par l’article 39 de la Constitution de la République Démocratique du Congo.
Le Bureau Exécutif National scande un message d’unité et de résistance :
« Nous avons notre destin en main. Prenons conscience de notre force […] Seule la lutte peut nous libérer ».
Le syndicat conditionne la reprise du travail à une réaction concrète des décideurs :
« Le Gouvernement de la République doit prendre ses responsabilités en répondant favorablement aux revendications des médecins ».
Alors que les hôpitaux se vident et que l’épidémie d’Ebola continue de menacer des vies, l’opinion publique s’interroge avec anxiété. Entre l’urgence d’endiguer une épidémie mortelle et le devoir de garantir des conditions de vie et de sécurité de base à ses médecins, le gouvernement congolais se retrouve désormais au pied du mur.
La Rédaction
Ukweli Online









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