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Tujenge Amani Kwa Ukweli

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COLLOQUE – UAC : La conservation de la nature en RDC ne réussira pas sans les communautés locales, prévient le chercheur Adolphe Mweze

Intervenant ce samedi 16 mai 2026 sur le thème majeur de la protection de l’environnement, sa communication intitulée « Politique nationale de la protection de la nature et développement durable en RDC : focus sur la participation communautaire », Ir Adolphe Mweze a jeté une lumière crue sur les paradoxes environnementaux du pays. Le chercheur a démontré que la République Démocratique du Congo, bien qu’étant le pays le plus riche d’Afrique en biodiversité avec ses 155 millions d’hectares de forêts tropicales, voit ses efforts de conservation étouffés par une approche historique trop descendante, répressive et déconnectée des réalités de terrain.

Dressant un état des lieux préoccupant, l’orateur a rappelé les pressions colossales qui pèsent sur les écosystèmes congolais, notamment une déforestation galopante de 500 000 hectares par an, le braconnage à outrance, l’expansion minière et agricole, ainsi que les impacts dévastateurs des conflits armés à l’Est du pays. Face à ces menaces, Ir Adolphe Mweze a analysé l’évolution de l’arsenal juridique et institutionnel de la RDC — de la loi de 2011 sur la conservation de la nature aux stratégies REDD+ et aux engagements internationaux. Le constat de terrain est sans appel : l’exclusion et la paupérisation des populations riveraines des parcs nationaux (comme les Virunga ou la Salonga) transforment ces dernières en « adversaires » de la conservation, créant des conflits permanents entre l’ICCN et les autochtones, dont 63 % vivent sous le seuil de pauvreté.

Pour rompre ce cercle vicieux, le chercheur a formulé des recommandations stratégiques fortes et disruptives, axées sur un changement radical de paradigme :

  • Placer les communautés au centre des décisions : Passer d’une conservation « forteresse » à une gestion participative et inclusive. Le chercheur martèle que les communautés ne sont pas le problème de la conservation, mais sa solution définitive.
  • Valoriser les mécanismes locaux : Promouvoir les concessions forestières des communautés locales (CFCL) et les Comités de Conservation Communautaires (COLOCO) pour donner un pouvoir réel de gouvernance aux habitants.
  • Partage équitable des revenus : Garantir que les retombées économiques de la conservation et de l’écotourisme profitent directement au développement des infrastructures de base (écoles, centres de santé) des villages riverains.
  • Soutenir l’éco-entrepreneuriat : Financer des alternatives durables à la déforestation, telles que l’agroforesterie, la production de foyers améliorés pour réduire la pression sur le bois de chauffe, et l’écotourisme communautaire labellisé.

En conclusion, Adolphe Mweze a soutenu qu’il n’y aura jamais de conservation durable en RDC sans des communautés engagées, formées, bénéficiaires et décisionnaires. Cette présentation de haute facture scientifique s’inscrit en parfaite droite ligne avec le thème central du colloque de l’UAC, axé sur la restructuration et le développement durable. Elle clôture magistralement ces deux journées d’intenses réflexions et de partages scientifiques à Butembo, laissant aux décideurs politiques, aux chefs coutumiers et aux universitaires présents un agenda clair pour concilier enfin la survie de la biodiversité congolaise et la dignité de ses populations.

HANGI MULEKYA Ghislain

©Ukweli Online

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