La zone ouest du territoire de Lubero, notamment les localités de Byambwe, Mabambi, Kalundu, et Vuyinga, est de nouveau le théâtre d’une spirale de violences et de massacres de civils. Cependant, l’identité des tueurs reste délibérément floue, noyée sous une vague d’accusations mutuelles qui circulent frénétiquement sur les réseaux sociaux. Du coup, ce climat de suspicion générale risque non seulement de perdre la piste des véritables responsables, mais aussi d’offrir un terrain propice à l’ennemi pour se réorganiser et intensifier ses exactions.
L’incertitude et la peur alimentent diverses thèses au sein de la population et des analystes locaux :
– Les ADF (Forces Démocratiques Alliées) : Ce groupe, lié à l’État islamique et désigné par l’ONU comme principal responsable de massacres similaires dans la région, est une menace constante. Des massacres récents à Lubero leur sont attribués malgré la présence des forces régulières.
- L’État Congolais (FARDC) : L’armée nationale est pointée du doigt par certains, non seulement pour son retard d’intervention mais aussi pour la non-coordination apparente de ses unités (commandos et infanterie) sur le terrain. Des accusations de pillages lors des actions de ratissage après fuite de la population sont également signalées.
– L’UPLC (Union des Patriotes Congolais)/Wazalendo : Ces milices dites « patriotes » sont suspectées par une partie de la population de se déguiser en ADF pour commettre des exactions ou régler des comptes, contribuant ainsi à la confusion.
- L’UPDF (Uganda Peoples’ Defence Forces) : L’armée ougandaise, présente dans la région dans le cadre d’opérations conjointes anti-ADF, est accusée par d’autres de ne plus traquer efficacement l’ennemi et de chercher à pérenniser sa présence en maintenant l’instabilité.
- La possible jonction ADF-M23 : L’éventualité d’une collusion opportuniste entre les ADF et le Mouvement du 23 Mars (M23) — qui menace le territoire de Lubero et est accusé d’exactions – profiterait du cessez-le-feu avec ce dernier pour étendre le chaos.
A qui profitent toutes ces accusations? Cette cacophonie d’accusations est un poison pour la sécurité. Le danger est réel : en multipliant les pistes et en embrouillant la carte des responsabilités, la diversion s’installe. Les audios et communications non vérifiées dans les réseaux sociaux pourraient être, de fait, un jeu de l’ennemi visant à :
- Saper la confiance entre la population et les forces de défense (FARDC et alliés).
- Affaiblir la coalition FARDC-UPDF en semant la méfiance.
- Masquer les mouvements et la réorganisation des terroristes, notamment les ADF et le M23.
L’urgence pour les autorités et la société civile est de rétablir la vérité des faits. Seule une enquête rigoureuse et transparente, au-delà des rumeurs numériques, permettra d’identifier clairement les auteurs des massacres, de briser le cycle de la violence et de mettre fin à cette diversion meurtrière.
La Rédaction
©Ukweli Online











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