La commune de Vulamba a été le théâtre de violents affrontements à l’aube de ce dimanche 4 janvier 2026. Les combats ont opposé les miliciens fidèles à Fiston Nzoli à ceux d’un individu s’étant autoproclamé « général » sous le surnom de « Tango Fort ». Cette énième dérive paramilitaire a permis la libération de plusieurs jeunes détenus dans des conditions effroyables.
Le bilan humain de ces altercations entre groupes armés révèle une cruauté sans nom. Parmi les jeunes libérés des griffes des hommes de l’autoproclamé général Tango Fort, un enfant de 10 ans a été retrouvé après avoir passé plus de dix jours au fond d’une fosse. Ce mineur a survécu dans ce « shéol » sans jamais voir la lumière du jour durant sa captivité.
Ces affrontements marquent le troisième jour d’une série d’attaques lancées par Fiston Nzoli contre son ancien mentor. En moins d’une semaine, Nzoli a délogé l’autoproclamé général Tango Fort de plusieurs bastions clés en incendiant ses cabanes :
- Le 1er janvier : À Kitovo (Groupement Malio, Chefferie des Bashu, territoire de Beni).
- Le 3 janvier : À Misogho (Chefferie des Baswagha, territoire de Lubero).
- Ce 4 janvier : À Munzambaye (Quartier Mukalangirwa, commune Vulamba, ville de Butembo).
Tout serait parti d’une affaire d’assassinat interne. Selon un audio devenu viral, Fiston Nzoli accuse ouvertement Tango Fort de criminalité. Il lui reproche d’avoir libéré de force, des mains des FARDC, le présumé assassin de leur ancien commandant (le général autoproclamé du surnom de « PREZI »), pour ensuite l’exécuter froidement afin de supprimer toute preuve.
Des sources locales indiquent également que, malgré maintes réconcilliations, Nzoli n’a jamais accepté que la direction du mouvement soit confiée à Tango Fort, qu’il qualifie de « criminel et d’illettré ».
Au sein de la population de Vulamba, l’indignation se mêle à la peur. Un habitant exprime ses craintes de voir ces conflits internes affaiblir la défense locale :
« Ces affrontements dans des zones densément peuplées sont une porte d’entrée pour l’ennemi (M23 ou ADF). Nous suspectons une corruption de certains cadres de ces mouvements pour faciliter l’entrée des agresseurs après avoir affaibli la résistance de l’intérieur. »
L’émergence de figures telles que l’autoproclamé général Tango Fort ou Fiston Nzoli illustre un phénomène inquiétant qui fragilise le tissu sécuritaire du Nord-Kivu. Au-delà des simples querelles de leadership, ces structures informelles font peser des risques majeurs sur les populations civiles.
- L’absence de chaîne de commandement légale : Contrairement aux FARDC, ces groupes échappent à tout contrôle institutionnel. Sans discipline militaire rigoureuse, les combattants se livrent à des actes arbitraires : arrestations illégales, séquestrations dans des fosses (comme le cas du mineur de 10 ans à Vulamba) et tribunaux de brousse.
- Les conflits de « positionnement » en zone urbaine : La rivalité pour le contrôle des quartiers ou des barrières de péage transforme les zones résidentielles en champs de bataille. Ces affrontements à l’arme lourde en plein Butembo exposent les civils aux balles perdues et aux pillages.
- La vulnérabilité face à l’infiltration : Comme le craint la population de Vulamba, l’instabilité créée par ces « généraux » affaiblit la défense naturelle de la région. Ces divisions intestines offrent un terrain fertile à l’infiltration des groupes terroristes (M23-RDF ou ADF) qui profitent du chaos pour s’installer.
- L’usurpation du patriotisme : Bien que se revendiquant souvent « Wazalendo » (patriotes), le glissement vers la criminalité et les règlements de comptes internes discrédite l’effort de résistance nationale et crée une confusion dangereuse sur le terrain.
Ukwelionline.net rappelle que la protection des citoyens reste une prérogative exclusive de l’État. La prolifération de ces commandements autoproclamés constitue aujourd’hui un frein majeur au rétablissement d’une paix durable dans le Grand Nord.
De son côté, le Président de la Société Civile, noyau de Vulamba, a publié un communiqué ce dimanche pour condamner fermement ces violences armées en zone urbaine. Il appelle les autorités compétentes à restaurer l’ordre public sans délai et exhorte les citoyens de Butembo à la vigilance et à la collaboration avec les services de sécurité. La société civile réaffirme son engagement total pour la protection des droits des habitants de Vulamba et de l’ensemble de la ville de Butembo face à cette instabilité croissante.
La Rédaction
Ukwelionline.net – La vérité du terrain avant tout.

















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