L’Hôpital Général de Référence (HGR) de Lubero se retrouve au cœur d’une vive polémique suite à l’arrestation de deux de ses infirmiers syndicalistes, M. Kakule Tsumbi Patrick et M. Kakule Bwanandeke Stiven. Ces derniers ont été placés aux arrêts le samedi 22 novembre 2025 par l’Administrateur Militaire du Territoire de Lubero, après une situation de crise qui date de près de trois ans.
Selon des sources concordantes, le motif de cette interpellation serait directement lié à la dénonciation de présumés détournements de fonds au sein de la structure hospitalière. Les deux syndicalistes auraient utilisé les voies syndicales et hiérarchiques pour alerter sur cette situation financière irrégulière.
Il est rapporté que, bien avant leur arrestation, les infirmiers avaient déjà porté l’affaire à la connaissance du Gouverneur Militaire du Nord-Kivu. Le Gouverneur, conscient de la gravité des allégations, aurait promis de s’impliquer personnellement pour faire la lumière sur ces accusations et trouver une solution rapide. Suite à l’indifférence des autorités, les infirmiers ont déclenché un mouvement de grève sèche illimité. L’arrestation des lanceurs d’alerte, malgré cette assurance, soulève de nombreuses interrogations quant à la volonté réelle de traiter le problème de fond.
En réponse aux accusations, le médecin directeur Katungu Léocady a affirmé à actualite.cd que nous avons consulté en ce jour qu’elle n’est au courant d’aucune des allégations et que l’hôpital fonctionne normalement. Cependant, des sources internes révèlent un malaise persistant au sein de la structure, témoignant d’une crise de collaboration et de communication qui dure depuis trois ans. Un précédent chef de division de la santé du Nord-Kivu avait déjà tenté de résoudre cette situation, ayant proposé des mutations qui sont restées sans effet, comme le témoignent les différentes correspondances dont dispose Ukweli Online.
Cette affaire prend une dimension particulièrement critique du fait que Lubero est une zone d’opérations militaires sous état de siège. Des Organisations Non Gouvernementales (ONG) de Défense des Droits de l’Homme (DDH) ont exprimé leur profonde inquiétude.
Elles soulignent que l’HGR de Lubero est un établissement vital qui accueille, non seulement les populations civiles malades, mais aussi un nombre important de rescapés, et des blessés de guerre. La bonne gestion et le fonctionnement sans entrave de cet hôpital sont donc d’une importance capitale pour la stabilité et l’assistance humanitaire dans la région.
« La mise aux arrêts d’infirmiers qui dénoncent la mauvaise gestion dans un hôpital en zone de guerre est un signal extrêmement préoccupant. Cela met en péril la continuité des soins vitaux et décourage la transparence », a déclaré un représentant d’une ONGDH locale.
L’appel est lancé aux autorités pour qu’une réponse urgente et satisfaisante soit donnée à cette situation. Il est exigé non seulement la libération des deux infirmiers syndicalistes, mais surtout l’ouverture d’une enquête sérieuse et indépendante sur les allégations de détournement des fonds dénoncées, afin de garantir l’intégrité de la gestion de cet établissement essentiel.
La Rédaction
©Ukweli Online












Leave a Reply