La communauté de Butembo est appelée à se rassembler ce mardi 14 avril 2026 à la Paroisse Catholique Saint Sacrément de Lyambo pour honorer la mémoire des victimes des massacres de Kikyo à l’occasion du 28ème anniversaire. Vingt-huit ans après les événements tragiques de 1998, la ville de Butembo se recueillera pour commémorer les innocents lâchement fauchés par des éléments de l’armée de l’AFDL, dans un climat empreint de douleur et de soif de justice.

Selon Tsongo Léon, l’un des organisateurs et Président du Comité de Victimes Survivantes des Massacres de Kikyo, COVISMAKI, le programme de cette journée commémorative débutera à 8h30 par une messe à la Paroisse Saint Sacrement de Lyambo/Kalemire, où la population est invitée à observer une attitude de recueillement et de piété profonde. À l’issue de cette célébration eucharistique, une procession solennelle se dirigera vers les différents sites des fosses communes pour un dépôt de gerbes de fleurs. La journée se clôturera par des activités culturelles au siège du Parlement Debout de Furu, permettant à chacun de s’unir dans le souvenir et la dignité face à cette tragédie historique.
Ce devoir de mémoire s’appuie sur le récit poignant de Tsongo Léon, président du COVISMAKI, qui porte encore les cicatrices des événements survenus le 20 février puis entre le 10 et 14 avril 1998. Durant ces quatre jours d’une cruauté indescriptible, les éléments de l’AFDL ont perpétré des crimes atroces, exécutant froidement des jeunes avant de les jeter dans des fosses communes. Le survivant se remémore avec douleur les hommes ligotés puis écrasés par des jeeps militaires, ainsi que les violences sexuelles systématiques infligées aux femmes sous les yeux de leurs proches (enfants, parents, voire beaux-parents), dans un climat de terreur marqué par le pillage généralisé de la ville.

Vingt-huit ans plus tard, le cri de détresse des survivants reste le même : l’exigence d’une justice qui tarde à venir. Tsongo Léon souligne que les victimes portent toujours les stigmates de ces horreurs, d’autant plus que les auteurs n’ont jamais été jugés et qu’aucune réparation n’a été engagée par les autorités en faveur des victimes. Pour le COVISMAKI, ce silence judiciaire est insupportable, car les âmes des victimes continuent de réclamer que la vérité soit établie. Cet appel à la justice est un cri pour la fin de l’impunité, afin que de tels actes ne se reproduisent plus jamais sur le sol congolais et que les survivants retrouvent enfin une part de leur dignité brisée.
Enfin, cette commémoration est l’occasion pour les victimes de Kikyo d’exprimer leur solidarité envers les populations qui souffrent aujourd’hui dans les régions de Beni-Lubero et de l’Ituri. En condamnant fermement les massacres actuels, Tsongo Léon et le comité des survivants rappellent que la paix et la justice sont indissociables. Par leur participation massive et pieuse à la messe de Lyambo, les habitants de Butembo témoigneront de leur refus de l’oubli et de leur soutien indéfectible à ceux qui luttent pour que les droits humains soient enfin respectés et restaurés durablement dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
HANGI MULEKYA Ghislain
©Ukweli Online


















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