Julien Paluku Kahongya réaffirme sa volonté de rapprocher les décideurs politiques du monde scientifique, jetant ainsi les bases d’une diplomatie commerciale plus audacieuse et mieux comprise par la jeunesse intellectuelle du pays. Dans une ambiance studieuse et interactive, le Ministre du Commerce Extérieur, Julien Paluku Kahongya, a investi l’amphithéâtre de l’Université Catholique du Congo (UCC) à Limete ce mardi 21 Avril 2026. Face aux étudiants et professeurs de la faculté de l’Économie et Développement, le patron du Commerce Extérieur a livré un plaidoyer pour une transformation structurelle de l’économie congolaise.
Sa communication tournait autour de cette problématique : « Comment le Commerce Extérieur peut-il stimuler la capacité productive en RDC ? Quels sont les politiques et les défis structurels auxquels la RDC fait face? » Cette matinée scientifique a permis de confronter la théorie académique à la pratique gouvernementale.
Avec la pédagogie qui le caractérise, Julien Paluku a dressé un état des lieux sans concession des échanges commerciaux de la République Démocratique du Congo. Chiffres à l’appui, il a illustré la croissance spectaculaire du volume des exportations, passé de 9 milliards USD en 2015 à 38 milliards USD en 2024.
Cependant, le Ministre a soulevé un bémol de taille : la prédominance écrasante des ressources extractives.
« Sur les 38 milliards d’exportations en 2024, la part des produits miniers représente 30 milliards USD. Cela démontre que notre économie reste dangereusement tirée par le secteur minier, souvent exporté à l’état brut », a-t-il martelé.
Pour remédier à cette vulnérabilité, Julien Paluku a exposé les trois piliers sur lesquels repose l’action publique pour le développement national :
- Le Plan National de Stratégies de Développement (PNSD) : Le cadre global des politiques publiques.
- Le Plan d’Actions du Gouvernement (PAG) : La déclinaison opérationnelle du programme global.
- Le Plan Sectoriel : L’outil d’arrimage spécifique à chaque ministère pour garantir la cohérence de l’action de l’État.
Interrogé par les étudiants sur la compétitivité du « Made in DRC », le Ministre a été direct : la bataille se gagnera sur le terrain de la qualité et de la transformation locale.
Pour lui, l’avenir du commerce extérieur congolais ne se trouve pas uniquement sous terre, mais aussi dans le sol. Il a plaidé pour un basculement vers l’agro-industrie, tout en insistant sur le respect rigoureux des normes sanitaires et phytosanitaires. « Le Gouvernement, avec ses partenaires, s’attèle à former les producteurs pour que nos produits ne soient pas refoulés aux frontières », a-t-il rassuré.
Enfin, abordant l’adhésion de la RDC à la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAf), Julien Paluku a balayé les craintes de voir le pays transformé en « dépotoir » des produits étrangers. Sa réponse repose sur une stratégie offensive : accroître les capacités productives locales.
En renforçant la transformation sur place, la RDC compte bien transformer ce vaste marché continental en une opportunité de croissance plutôt qu’en une menace pour son industrie naissante.
HANGI MULEKYA Ghislain
©Ukweli Online









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